histoires   13-18

 

    Historien bigourdan, Claude Larronde présente les Mémoires de guerre d'un valeureux combattant de Vic-en-Bigorre. Valeureux, il le fut, tant dans son engagement patriotique que dans sa manière de servir comme caporal, chef de section, au 83e R.I de Toulouse, d'août à octobre 1914, comme sergent, chef de section, au 209e R.I d'Agen, d'octobre à décembre 1914, comme sous-lieutenant, au front, jusqu'au mois d'août 1916.

    Il a vécu des événements dramatiques : la bataille de Bertrix, en Belgique, la retraite harassante - 700 km à pied - jusqu'à la Marne, les tranchées de l'Aisne face aux troupes d'assaut allemandes indélogeables cachées dans les "creutes"; l'ennemi est là, à moins de 10 mètres.

    Attaques répétées à la grenade, blessures aux jambes. Repli sur Orléans, arrivée au séminaire, transformé en hôpital, de Saint-Pé-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées. Convalescence chez lui, à Vic-en-Bigorre. Rappel à Toulouse.

    Peloton de l'École des Officiers de Réserve. Mutation au 209e R.I d'Agen et retour au front, fin août 1916. Il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur pour sa brillante conduite au feu. Ses états de service lui permettent d'entrer au 2e Bureau de la 158e Division d'infanterie de la IIIe Armée du général Humbert.

Agrégé d'allemand et aquarelliste, Louis Caujolle est fort estimé au service cartographique. Ses visites comme officier d'État-Major, en première ligne, pour repérer les nouvelles positions allemandes, étonneront plus d'un Poilu.

    Il a écouté avec ferveur le discours du général Foch sur le rôle des chefs, le 23 septembre 1915, à Roclincourt (Pas-de-Calais). Son action en faveur d'un retour au calme de soldats mutinés, leur évitant condamnation et exécution, sera remarquée.

    Avec d'autres officiers et suite à ces troubles, il rencontre le général Pétain, le 30 mai 1917, à Crouy (Aisne).

    Il est félicité par Georges Clemenceau, le 21 mars 1918, à Clermont-sur-Oise, pour avoir localisé les canons allemands qui terrorisent les Parisiens.

    Il a participé à l'entrée triomphale des troupes françaises à Strasbourg, le 25 novembre 1918, professé le cours d'allemand à Saint-Cyr, vu de près les plénipotentiaires venus signer le Traité de Paix, à Versailles, participé aux fêtes de la Victoire, le 14 juillet 1919, sur les Champs-Élysées, parce que choisi parmi 100 officiers décorés de la Légion d'honneur pour former une garde d'honneur à l'Arc de Triomphe de l'Étoile. Un témoignage exceptionnel sur une période historique.

Aquarelles Louis Caujolle