Chroniques de la Mémoire

 
 


Les Romantiques bigourdans : Jean Escoula

Jean Escoula est né à Bagnères-de-Bigorre, quartier du Pont-de-Pierre, le 26 octobre 1851, de Jean-Marie Escoula et de Jacquette Parade originaire de Gerde. C'est le quatrième enfant du ménage. D'un naturel affectueux, il est choyé par sa mère et sa sœur aînée. Élève à l'école des Frères de la Doctrine chrétienne, puis à l'école supérieure, Jean est un bon écolier particulièrement doué pour le dessin. Il entre en apprentissage à la marbrerie Gandy où y travaille son frère aîné Vincent. De là, il entre dans l'atelier de sculpture du marbrier Aimé Géruzet, en 1866. L'élève doué progressa encore avec l'arrivée du professeur de dessin et de modelage Journès. Fernand de Cardaillac écrit une monographie en 1921 où il note que "c'est un bucolique, épris de la vie, parce qu'elle lui semble belle, enrichie qu'elle est de soleil, de fleurs, d'ombrages et d'eau murmurante, joyeux, parce qu'il ne souhaite rien au-delà de ce qu'il possède; avec cela aimable et passionnément désireux de plaire". Le 27 août 1873, il part soudain à Paris. Le jeune Escoula espère se perfectionner dans la taille du marbre et revenir chez lui. C'est à Samuel Meynier, Bagnérais comme lui, qu'il doit d'entrer dans l'atelier de Jean-Baptiste Carpeaux alors au faîte de sa gloire (fontaine de l'Observatoire à Paris). Le maître l'observe et apprécie le sérieux de son travail. Peu influencé par la vie parisienne, il découvre les grands auteurs écrivains et philosophes et se marie en 1876. Il aura deux enfants. D'enthousiasmes passagers en découragements soudains, cet homme grave et doux tâtonnera une dizaine d'années. Le "Sommeil" de 1881 attire l'attention d'Alexandre Falguière, l'artiste toulousain, et lui vaut une 3e médaille. Suivront "Le Bâton de vieillesse" pour une 2e médaille et "Le Bûcheron des Pyrénées". Le véritable Jean Escoula date de 1888 avec ses "Baigneuses". Elles sont acquises par l'Etat qui l'offre au musée de Châlons-sur-Marne. Puis, il enchaîne avec la "Muse bagnéraise", "La Douleur", "L'Aurore", "Chloë endormie", la "Nymphe des sources", "L'Amour pastoral", "Vers l'amour", la "Mort de Procris". Ses formes féminines et enfantines viennent, probablement, de l'âge tendre vécu auprès de sa mère et de sa sœur. Poses attendries, courbes charmantes, lignes délicates, volutes exquises, sont la signature de l'artiste Bagnérais. Il vivra 20 ans d'intense labeur et de récompenses. Il est médaillé d'or pour l'ensemble de son œuvre aux expositions de 1889 et 1890 et promu officier de la Légion d'Honneur, en 1910. Comme tous ses compatriotes bigourdans, il sollicitera sa commune pour une aide financière. En 1884, il offre à sa ville le "Bâton de vieillesse" en échange de la subvention.

Jean escoula de bagnères-de-bigorre

«L'Aurore» au sommet de la fontaine des Quatre-Vallées, à Tarbes