Chroniques de la Mémoire

 
 

26 - Les Romantiques bigourdans : Léon Dufrène

Né le 27 mai 1880, à l’avenue de Malakoff, à Paris, Léon Louis Dufrène est issu d’une famille ouvrière. Son père, Benjamin Constant Dufrène, est serrurier. Sa mère, Jeanne Brun, couturière, est née à Barbazan-Debat, dans les Hautes-Pyrénées. Le destin est malicieux. La société Fichet, spécialiste des serrures de sûreté, est employeur de Benjamin Dufrène. Après la mort du général de Verchère de Reffye qui a cruellement marqué le personnel de l’Arsenal de Tarbes, la production marque le pas, puis, dès 1881, reprend son essor. L’année suivante, l’Atelier de Construction fait appel aux spécialistes en tous genres qui ne peuvent se recruter en Bigorre où la main-d’œuvre industrielle est encore rare. Pour installer ses coffres-forts, il sollicite la société parisienne. C’est dans ce contexte que Benjamin Dufrène prend ses quartiers au 36, avenue de la Gare, à Tarbes. A son contact et sur ses conseils, le jeune Léon fait montre d’une extrême précocité dans le maniement de la gouge, du ciseau et du rabot. C’est le travail du bois qui lui donne cet élan créateur que des matériaux bien plus délicats à façonner transcenderont à jamais.Une vocation naît. A l’âge où les jeunes garçons quittent l’enfance pour une adolescence pleine d’incertitudes, Léon Dufrène est déterminé. Jean Lataste, professeur de l’école de dessin municipale, a remarqué la qualité exceptionnelle de son tracé. En 1893, il fréquente l’atelier d'Henri Nelli et sa présence est signalée sur le grand chantier de la fontaine Bouzigues-Duvignau, au quartier Marcadieu. Il a 13 ans. Là, il côtoie les plus grands : Jean Escoula, Louis Mathet et Edmond Desca dont il devient l’élève. Le maître le prend en amitié et lui accorde son affectueux patronage. Il l’emmène à Paris en 1897, après l’inauguration de la fontaine.

 

leon dufrene de tarbes

« L’Amour endormi » - cliché Berthe Ursat

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