Chroniques de la Mémoire

 
 

Les Romantiques bigourdans : Edmond Desca

Le 16 novembre 1855, à Vic-en-Bigorre, naît Jean Suzanne Edmond Desca de Jean Adolphe Desca et Eulalie Latorte. C’est leur premier enfant. Trois autres fils suivront. Vieille famille vicquoise, les Desca sont marchands de père en fils. Le parfum des épices ne captive pas le jeune Edmond, ni l’enseignement dispensé à l’école communale et au collège. Le modelage de la terre glaise accapare davantage son attention. À 14 ans, on le met en apprentissage chez le maître Géruzet à Bagnères-de-Bigorre. Cet atelier, où l’on apprend la taille du marbre, est le passage obligé pour tout artiste bigourdan en herbe et l’on y acquiert les connaissances techniques indispensables à tout sculpteur d’avenir. Le jeune Edmond est fasciné par le dessin et la structure des marbres veinés de Campan et de Sarrancolin. Cela l’incite à demander un enseignement artistique au vieux maître Journès. À toutes ses questions, le potier de génie, créateur aux doigts virevoltants inspirés de l’antique, lui répondra : « Fais ce que tu penses ! ». Edmond Desca suivra toujours ce conseil. Irrésistiblement attiré par la nature, il compose des motifs d’ornementation où les fleurs et les animaux prendront une place de choix. Il quitte l’atelier bagnérais et entre chez Menvielle, à Tarbes, puis chez Henri Nelli pour qui il sculpte les petites têtes de lions de la fontaine Montaut, alors placée au centre de la place Marcadieu. Voulant faire une carrière de sculpteur, il décide d’entrer à l’École des Beaux-Arts, à Paris. Il a 19 ans. Admis au mois de mars 1876, il lui faut néanmoins subsister et l’architecte qui restaure les façades du Louvre l’engage comme ouvrier ornementiste. Le soir, il travaille à la bibliothèque de l’école. L’ambition est là. En 1878, le sort lui est défavorable. Il refuse les démarches qui l’auraient maintenu dans la capitale. Envoyé à Dijon, il fréquente l’Ecole des Beaux-Arts, s’imprègne de l’Ecole bourguignonne et modèle quelques bustes. C’est visible, le génie de François Rude l’influence.

 

edmond desca de vic-en-bigorre

Têtes de lions - Fontaine Montaut à Tarbes - cliché Claude Larronde.

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