Chroniques de la Mémoire

 
 

17 - Les Romantiques bigourdans : Martial Caumont


Le 31 octobre 1877, au n° 6 de la rue des Haras, à Tarbes, naît Martial Denis Joseph Caumont de Sylvain Caumont, charpentier et Claire Soulès. De tous les sculpteurs bigourdans de l’époque romantique, il est le seul dont le patronyme n’est pas devenu un nom de rue. N’avait-il pas la réputation artistique des autres heureux élus ? Non, plus modeste, sûrement. Encore que… Si j’en juge par l’excellent article écrit par Lucienne Michou et Georges Riffarth, en 1982, Martial Caumont est presque inconnu des tarbais. Ma collègue de la Société Académique des H.P nous rappelle que sa vocation « n’est pas née d’une génération spontanée » et que dans sa famille originaire de Lortet on est artisan en bois de père en fils. Les décorations et restaurations de la famille sur des meubles, carrosses, tableaux et tapisseries étaient nombreuses. Pour elle, les Caumont appartiennent à la catégorie des « Petits maîtres » travaillant chez les particuliers sur commande. Ne voyons là rien de péjoratif. Après la fréquentation de l’Ecole primaire et le cours supérieur du directeur Lahaille, il réussit, en 1896, l’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse. Deux ans plus tard, il remporte le Grand prix de sculpture avec « Caïn fuyant le meurtre d’Abel ». Service militaire. Avec la bourse de son grand prix, il monte à Paris dans l’atelier du maître toulousain Falguière qui le prend en sympathie. Puis, il passe chez Mercié où il obtient le Prix d’Atelier avec « Portrait de ma mère ». Il atteint la plénitude. Ses portraits sont vivants. En 1956, Simin Palay observe la similitude entre la facture des premières pièces du bigourdan et l’hellénistique. Le bas-relief à la mémoire de Maurice Trélut, mort en captivité, lui donne raison. L’artiste est aussi réaliste. Il sculpte une ouvrière de l’Arsenal qui symbolise la solidarité du personnel de l’entreprise disparue avec les soldats et arsenalistes morts pour la Patrie. L’inauguration de ce monument au cimetière de la Sède, à Tarbes, a lieu le 21 octobre 1917.

martial caumont de tarbes

Sculpture patriotique - cimetière de la Sède, à Tarbes - cliché Claude Larronde